L’institut Glion a accueilli ses tous premiers étudiants en 1962. L’un d’entre eux était Rafic Kreidi, un brillant jeune homme venu du Liban. Rafic est donc l’un de nos plus anciens élèves. Nous sommes ravis et honorés qu’il ait pris le temps de partager son incroyable parcours avec nous.

Le Liban a traversé des périodes difficiles au cours des dernières années et il peut donc être difficile d’imaginer que ce pays était une destination touristique phare, surnommée « la Suisse du Moyen-Orient », au milieu du siècle dernier.

Pour le jeune Rafic Kreidi, le tourisme s’imposait comme un choix évident.

« Comme le secteur du tourisme nécessitait une force de travail qualifiée, une école hôtelière a ouvert à Beyrouth, » explique-t-il. « Le gouvernement libanais a déployé beaucoup d’efforts pour encourager les étudiants à s’inscrire à la formation de cinq ans de cette école et a proposé de généreuses primes pour recruter les meilleurs enseignants et professionnels du secteur. D’autres États offraient des subventions attractives pour inciter les meilleurs étudiants à poursuivre leurs études à l’étranger. »

« Bien sûr, toutes ces offres alléchantes m’ont poussé à m’inscrire ! »

Après avoir goûté à l’hôtellerie à Beyrouth, Rafic a voulu découvrir la (« vraie ») Suisse. En juin 1962, il a commencé un stage à l’Hôtel du Port de Villeneuve, dans le canton de Vaud. Cet établissement était réputé pour servir la meilleure fondue bourguignonne de la région et son restaurant était complet plusieurs semaines à l’avance. Cette expérience a sans doute joué un rôle clé dans la réussite de Rafic dans le secteur de la restauration.

Le surdoué de Glion

Rafic est ensuite allé travailler dans les cuisines de l’établissement de luxe Jean-Jacques Rousseau, à La Neuveville, dans le Jura Bernois, où il a pu mettre à profit ses talents de plumeur de poulet acquis au Liban pour préparer les volailles emblématiques du restaurant. Il a bénéficié très vite d’une promotion à la table du chef.

C’est à ce moment-là que l’ambassade du Liban à Berne l’a invité à rejoindre l’institut Glion.

« Comme aujourd’hui, l’école se situait dans l’Hôtel Bellevue, mais elle portait alors le nom d’Institut International pour la Formation des Cadres Supérieurs de l’Hôtellerie et du Tourisme, » explique Rafic.« Un diplôme d’études secondaires était nécessaire pour intégrer le programme proposé. Heureusement, je remplissais ces conditions, grâce à mes cinq ans passés à l’école hôtelière de Beyrouth. »

La formation suivie par Rafic comprenait neuf mois d’études et un stage de six mois, à l’issue duquel les étudiants obtenaient un diplôme sous réserve de l’évaluation positive de leur employeur.

Ce premier groupe d’étudiants comptait tout juste 18 personnes, parmi lesquelles figuraient 11 nationalités, une diversité qui est toujours un atout de Glion. En janvier 1963, le nombre d’étudiants était passé à 23, avec 15 nationalités représentées sur le campus.

« Nos examens se sont déroulés en juin 1963. Dix-sept étudiants ont obtenu leur diplôme et six ont échoué, » se souvient Rafic. « Notre groupe comptait trois couples mariés et trois des personnes ayant échoué leurs examens étaient justement les épouses de ces couples. Elles avaient essentiellement accompagné leurs maris dans leurs études pour pouvoir les surveiller ! Tous les étudiants qui ont réussi leurs examens ont effectué un stage. Le mien s’est déroulé à l’Hôtel Europe de la rue de la Gare, à Montreux. »

Un atout de poids, hier comme aujourd’hui

Pour Rafic, le fait d’étudier à Glion a été à la fois une expérience très enrichissante et un excellent tremplin professionnel. « La simple mention d’une éducation hôtelière suisse dans un C.V. était idéale pour améliorer vos perspectives professionnelles. Le tourisme était un élément clé de notre programme. Nos enseignants étaient des personnalités de ce secteur et nous avons aussi eu la chance d’étudier avec des conférenciers de la prestigieuse Wagons Lits Cook. »

Son diplôme en poche, Rafic est allé s’installer à Paris en janvier 1964, où il a travaillé à l’accueil du Ritz Paris, le légendaire établissement de la place Vendôme. Une année plus tard, sa carrière l’a mené à Londres, dans un autre établissement de luxe, Claridge’s, où il a passé cinq ans, gravissant peu à peu les échelons pour devenir responsable de l’accueil.

Alors qu’il travaillait à Claridge’s, Rafic a remarqué que le marché londonien ne comptait aucun restaurant libanais. En 1968, il a donc ouvert le premier établissement de cuisine libanaise de la capitale britannique, le Byblos.

Situé au cœur du quartier huppé de Kensington, le Byblos est très vite devenu une adresse incontournable. Grâce à cette réussite fulgurante, Rafic et son épouse Maria ont eu les moyens de voyager et se sont rendus plusieurs fois en Suisse. L’un de leurs voyages les plus mémorables a sans doute été leur lune de miel, organisée en 1973, durant laquelle ils ont été invités sur le campus de Glion à Montreux pour partager un généreux banquet.

Rafic a consacré 36 ans de sa vie au Byblos, vivant à quelques pas de son restaurant. En 2003, il a reçu une proposition d’achat qui lui a permis de prendre une retraite confortable.

« Une fois retraité, je me suis consacré à des œuvres de bienfaisance. J’ai fait du bénévolat pour la British Heart Foundation, Age UK et l’association pour les animaux Blue Cross, dont la mission me tient particulièrement à cœur. Je dis toujours que je n’ai pas besoin d’aller à la salle de sport pour garder la forme : je reste actif en m’impliquant dans la vie sociale, en donnant du temps pour ceux qui ont eu moins de chance que moi. Si l’argent me rend heureux, c’est simplement car je peux le partager avec des associations et des personnes dans le besoin. »

Le Byblos a fermé ses portes en 2004, mais Rafic a eu le plaisir d’assister au mariage de huit cuisiniers et huit serveuses au fil des ans !

En 2012, la cuisine libanaise a fait un retour remarqué au 262 Kensington High Street. Rafit a été un client et un conseil régulier pendant les quatre années d’activité de ce restaurant.

Un nouveau venu dans le réseau des Anciens de Glion

À quatre-vingts ans et quelques, Rafic est l’aîné de l’association des Anciens de Glion. Pourtant, c’est un statut qu’il vient tout juste d’acquérir.

« Je n’avais malheureusement pas connaissance de ce réseau. J’ai découvert son existence par hasard sur Facebook et j’ai été vraiment très agréablement surpris. Je suis aussitôt entré en contact avec eux et j’ai eu le plaisir d’assister aux rencontres des Anciens organisées à Londres l’été dernier.

« Lors d’un dîner de gala au Four Seasons Park Lane, j’ai découvert que l’Ancien le plus proche de ma tranche d’âge avait 17 ans de moins que moi. Mais au final, l’âge n’est pas du tout un problème. Bien au contraire ! Toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient très sympathiques, avenantes et charmantes.

« Elles ne se sont certainement pas trompées de métier quand elles ont choisi le secteur de l’hôtellerie. »

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