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de Hautes Études

Guillaume de Seynes est directeur général de la maison Hermès et président du Comité Colbert dont le but est de promouvoir, transmettre, développer, les savoir-faire et la création française. Il livre pour The Insider, sa définition et sa vision experte du luxe contemporain.

Qu’est que le luxe ? En parlant au nom de la maison Hermès, je peux citer les mots de mon grand-père, Robert Dumas, « Un objet de luxe, c’est un objet qui se répare ». C’est l’inverse de ce à quoi nous faisons face quand on parle d’obsolescence programmée.

Le luxe se situe dans la qualité initiale de l’objet. Les articles de luxe perdurent, se transmettent. Ces notions anciennes portées notamment par mon grand-père se révèlent finalement dans les préoccupations actuelles. En termes de nouvelles tendances, ce que je remarque est que la crise actuelle produit une accélération d’un ensemble de facteurs qui étaient déjà là.

La première tendance est le poids de la clientèle asiatique sur notre industrie qui s’est encore renforcé. L’ensemble de ces marchés en croissance porte notre industrie, la Chine mais aussi la Corée, le Japon. A l’inverse par symétrie, nous continuons d’assister à une baisse des marchés européens.

L’autre mouvement est la force du digital qui impacte la stratégie des marques, mène à une nouvelle approche de la clientèle. Enfin, les impératifs de développement durable s’affirment pour l’ensemble du secteur avec des exigences fortes pour les valeurs de transparence, de durabilité.

Le luxe : acteur phare de l’économie française

Je peux aussi dire que les industries françaises tirent leur épingle du jeu. Nous sommes sur une belle dynamique, avec un marché porteur. D’une manière générale, les marques françaises sont bien positionnées. En Italie, la situation semble plus difficile pour le moment pour l’industrie du luxe. Louis Vuitton, Hermès, Kering et l’ensemble des acteurs de ces métiers du luxe sont devenus une force clé de l’économie. Nous devons encourager et faciliter cette cadence positive.

Le Comité Colbert joue un rôle solidaire avec les plus petites maisons de notre association. Les grands du secteur apportent leur aide, leur savoir-faire ou leur réseau pour exporter par exemple sur de nouveaux marchés.

Notre autre force est la diversité des métiers, l’un de nos plus récents membres est la maison Henri Selmer, leader mondial de la fabrication de saxophones. La richesse des savoir-faire et la créativité de nos maisons sont essentielles face à nos concurrents internationaux.

Le secteur du luxe représenté par le Comité Colbert englobe de nombreux métiers. Nous représentons également des grands hôtels parisiens, des restaurants. Le meilleur conseil que je peux donner à ceux tentés par ces métiers est de choisir cette voie par envie personnelle, ne pas suivre une injonction familiale ou un effet de mode.

« Les métiers du luxe sont des métiers de passion. L’ouverture sur le monde me paraît essentielle, la pratique des langues étrangères et la connaissance des réalités internationales font partie des exigences de notre secteur. »

Guillaume de Seynes

Les métiers du luxe sont des métiers de passion. L’ouverture sur le monde me paraît essentielle, la pratique des langues étrangères et la connaissance des réalités internationales font partie des exigences de notre secteur.

Nos maisons recherchent et forment ces futurs talents. Chez Hermès, la formation aux métiers de la maroquinerie se déroule dans nos ateliers pendant 18 mois. Les profils sont d’ailleurs assez divers, nous avons des candidats trentenaires voulant effectuer une reconversion et des très jeunes portés par la passion de ce métier.

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